Au Tchad, comment se reconstruire après les dégâts d’une grossesse précoce

« Aïcha a trouvé la paix et le silence dans le quartier le plus bruyant de la ville. A Dembé, où se tient le grand marché de N’Djamena, capitale du Tchad, les commerçantes agitent leurs poissons boucanés ou leurs mangues rousses. Elle est calmement assise dans sa tanière de tentures. De flamboyants tissus décorent du sol au plafond cette petite pièce au fond d’une cour où elle vit avec sa fille de 10 ans, Fatime. Quand elle ne passe pas du temps avec elle, Aicha coud des pagnes, des draps, des chiffons dans un atelier de réinsertion des femmes victimes, comme elle, d’une fistule.

Aïcha Hamid est née il y a vingt-huit ans sur une île isolée du lac Tchad dans le département de Dagana. Une enfance de village comme tant d’autres, avant une adolescence difficile. « Ma famille m’a donnée en mariage à 14 ans et je suis tombée enceinte juste après, confie-t-elle. A l’accouchement, le travail a été très compliqué. Je suis restée plusieurs jours à la maison sans réussir à mettre au monde malgré les contractions. Au bout d’une semaine, on m’a amenée à l’hôpital de Dagana en charrette. J’y suis restée en travail pendant trois jours encore. Les médecins disaient que mon bassin était trop petit. Quand l’enfant est finalement sorti, il était mort-né. » »

 

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